Studio photo nomade
De temps à autre, on aimerait pouvoir disposer d’un petit studio pour des portraits en extérieur ou illuminer un bout d’un sujet quelconque (statue, fontaine, etc.). Ce qui rebute avant tout l’amateur d’investir dans tel matériel est son prix. Même si on trouve actuellement des kits studio de grandes marques à prix intéressants (~1’000 € pour des kits bien fournis et de qualité, type Elichrom, ProPhoto, AlienBees, je vous conseille de lire l’article dans Réponses Photo n°193 qui compare différents kits studio), un facteur limitatif important s’impose toutefois: l’alimentation électrique. Dans ce cas, soit vous vous limitez à des photos sur des sites où des prises de courant ne sont pas très loin 20-30 mètres avec une bonne rallonge, soit vous possédez un bon groupe électrogène qui est capable d’alimenter ce type d’éclairage, quelques kW tout de même. Ce n’est pas très agréable d’entendre le pot-pot du moteur à côté pendant une séance photo, mais ça peut le faire d’autant que l’on n’enregistre pas le son… sauf avec le 5D MkII.
Une autre solution pour ne pas avoir de fil à la patte consiste à choisir dès le départ du matériel studio qu’il est possible d’alimenter avec un générateur portable. On passe sur le prix qui fait exploser le budget, mais ces générateurs ne fonctionnent pas avec toutes les marques et sont souvent lourds à transporter puisqu’il s’agit bêtement de batteries de forte capacité (type voiture) qui s’y trouvent. Cela dit, c’est le seul moyen actuellement pour pouvoir utiliser un gros flash annulaire de studio en extérieur ou tout simplement lorsqu’on a besoin de puissance qui ne peut être délivrée par des flashs à « piles ».
Pour nous autres les prolétaires de l’image, il y a une autre solution qui consiste à se servir des flashs cobras que tout amateur « éclairé » possède normalement déjà et de leurs possibilités de commandes à distance. Il s’agit bêtement d’installer le cobra sur un support (trépied léger) et de l’habiller d’un diffuseur qui permettra d’obtenir une belle lumière, moins dure que le simple diffuseur intégré au flash et aussi obtenir une zone éclaire sur le sujet plus importante.
Différentes marques sont sur le marché, pour ma part, j’ai opté pour du Photoflex en provenance de mon fournisseur new-yorkais auquel je fais appel de temps à autre pour des trucs « spéciaux ». Le diffuseur Q39 (différentes tailles disponibles), deux supports pour éclairage de même fournisseur, un support avec rotule pour pouvoir orienter la chose et utiliser ultérieurement des parapluies au besoin, et enfin, un adaptateur qui permet l’installation du flash cobra (n’importe lequel pratiquement). Le tout m’est revenu à $360 avec les frais de port. J’ai pris ces accessoires à double pour disposer de deux sources de lumière. Seulement, mon deuxième flash soi-disant increvable (mots du revendeur genevois au sujet du flash Canon) est tombé en rade pour la deuxième fois avec la même panne qu’au début. Comme il n’est plus sous garantie, autant en acheter un neuf… passons.

Malgré cette seule source de lumière, et sans utiliser de réflecteur secondaire, on peut déjà réaliser quelques images. En bas, quelques exemples grâce au concours de Béa que je remercie au passage pour sa disponibilité et bonne humeur habituelle.
Bien entendu, la puissance du seul flash cobra ne peut rivaliser avec le matériel studio qui permet d’avoir plus d’enrobage lumineux, travailler plus facilement en lumière indirecte ou plus atténuée au parapluie, nid d’abeille, etc., travailler à 100 ISO pour une qualité d’image optimale (ici, il faut monter un poil, 400 ISO environ pour du 1/200 à f4).
Néanmoins, on peut déjà se faire une bonne main à moindre coût, à condition bien entendu d’avoir déjà les flashes sous la main. Autrement, l’achat de deux flashes cobra de puissance convenable pour être à l’aise sur des portraits en lumière du jour ou fin de journée/soir, plus les accessoires, porte vite la somme aux premiers prix des kits studios (Canon 580EX, Nikon SB-900, ou les gros Metz en vérifiant au préalable qu’ils peuvent être pilotés par le boîtier… navré pour les autres marques, je vous laisse faire vos recherches). Il s’agira de bien réfléchir à ce moment quelle solution sera plus à même de répondre aux besoins. Les deux pouvant être complémentaires si le budget le permet.
Un dernier détail important: le pilotage IR chez Canon peut être inopérant lorsque la lumière du soleil vient se mêler à votre séance. Il faut veiller à bien orienté le corps du flash de manière que le récepteur soit le plus possible en visée directe avec le contrôleur (ST-E2 ou 580EX, flash non orientable à oublier comme le 220EX). Ce problème se posera aussi avec les autres marques qui pilotent les flashes distants avec un pré-éclair depuis le flash intégré (Nikon, Olympus). À vérifier avant tout investissement. Il restera toujours la solution des systèmes de commandes radio, faut compter quelque deux centaines d’euros en plus pour un seul éclairage à contrôler.
Pour terminer et pour les plus bricoleurs, il est tout à fait envisageable de trouver ou réaliser un support (même en bois) et un diffuseur maison. Le guide de Cyrill Harnishmacher aux éditions VM, ISBN 9782212672886 pourra vous inspirer.
P.S.: Vous pouvez aussi voir sur le site de Benjamin Brolet un test terrain d’une solution comparable.
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par Tony le 24 novembre 2008 à 22 h 27 min, et placée dans Photo, Pixel world. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez aller directement à la fin et laisser une réponse. Le ping n'est pas autorisé pour le moment. |












about 1 year ago
SUJET au combien intéressant!!! Non pas que je dispose d’aussi joli modèles que toi, mais celà fait un sacré moment que je me retiens d’acheter un tel kit pour faire des photos de nature morte chez moi.
Bon j’aurais bien aimé avoir une photo sans flash afin de voir la différence de résultat par rapport a la lumière du jour seule.
J’ai dans le point de mire le kit eazybox de lastolite. Je risque de m’équiper l’année prochaine pour quelques travaux que l’on me commande.
Autrement concernant le pilotage des flash, il y a également élinchrom qui produit un boitier sympa apparament. MAis également photixx sur eBay qui propose des appareils rudimentaires dont le prix de port est plus élevé que le produit lui-même. Si ça marche pourquoi pas.
Pour finir sur l’achat en ligne, c’est assez pathétique. Je suis également allé voir un marchand de matériel photo a genève pour acheter un filtre de densité neutre. Il m’annonce des délais de livraison de plusieurs mois! Dans un monde … mondialisé, c’est un peut la fête au pays des rêves. Du coup j’ai commandé chez le même fournisseur que toi le filtre envoyé chez mon pote qui vit au états unis et qui rentre pour les fêtes, et ceci moins cher que si je l’avais acheté au coin de la rue. Allucinant.
Bon a part ça il faut vraiment qu’on se voie… (j’ai honte).
Bon we
Steph
about 1 year ago
Ce qui en fait l’intérêt est le prix justement, parce qu’il faut bien se dire que rien qu’un générateur flash studio portable coûte dans les 2’000€ et pèse son poids.
Je n’ai pas mis de photo sans flash parce que c’est en fin de journée, avec le soleil derrière donc le visage est assez sombre et cela ne représente pas tellement d’intérêt. Dans tous les cas, les photos on besoin de petits ajustements pour améliorer le rendu.
Il est clair que les revendeurs locaux ne peuvent rivalisé avec l’achat en ligne et ont rarement ce que tu cherches sous la main. Cela fait longtemps que j’ai passé le cap de l’achat local…
about 1 year ago
Salut Tony
Est-ce que tu pourrais poster quelques photos de tout ce matériel monté prêt à l’emploi ? J’ai un peu de mal à visualiser comment toutes ces pièces s’assemblent. Ça me permettrait aussi d’avoir un ordre de grandeur des éléments les uns par rapport aux autres.
Ce système de mini-studio est vraiment intéressant…
about 1 year ago
@Sylvain
. Tout monté avec le flash Speedlite. Les pieds peuvent se placer plus ou moins en hauteur pour ajouter de la stabilité (peuvent être presque à plat au besoin). Les différentes tiges montent à près de 3 mètres, de quoi avoir un peu de distance ou d’éclairage en contre-plongée.
Salut Sylvain, j’ai ajouté une photo vite fait en bas de l’article (ça donne l’idée